Qui est Alix de Direction Berlin ?

Je m’appelle Alix, j’habite Berlin depuis 2012. J’ai vécu (presque) toute ma vie d’adulte en Allemagne, après être passée par Düsseldorf et Munich, pour ensuite m’établir à Berlin. J’ai des racines allemandes par ma grand-mère, je me passionne depuis toujours pour le franco-allemand. J’adore la langue allemande, apprise à l’école, que je perfectionne un peu plus chaque jour. Je me sens viscéralement européenne et fièrement berlinoise !
Après des études de Sciences Politiques, un mémoire de master en sociologie sur les musiques électroniques, j’ai tout naturellement été attirée par cette capitale rebelle. Elle est l’expression même de la créativité, des cultures underground et alternatives, un haut lieu de tolérance, de mixité, d’opposition pratique et politique à l’ordre établi. L’offre culturelle et artistique est originale, variée, accessible… Berlin est chargé d’histoire(s). Exercer en tant que guide ici, c’est concrétiser mon envie de transmettre cette mémoire tumultueuse qui façonne l’identité singulière et l’authenticité du Berlin d’aujourd’hui.
Comment Berlin a-t-elle évolué au fil des ans et qu’en penses-tu ?
Berlin a énormément évolué depuis ce jour de mai 2008 où j’y ai posé le pied pour la première fois. Ce jour où j’ai littéralement été frappée par une certitude : celle de vouloir y vivre. Les détracteurs diront que la ville n’est plus ce qu’elle était, qu’elle se normalise, sous les coups de boutoir des assauts des investisseurs et du capitalisme triomphant. Qu’elle perd son âme, voire qu’elle se ringardise : que le déclin est bien amorcé. « C’était mieux avant » disent-ils. Il y a certes de quoi être nostalgique ! La culture club évolue, les gratte-ciels et les projets immobiliers se multiplient, la gentrification transforme à une vitesse fulgurante de nombreux quartiers.
Il serait hypocrite de prétendre qu’il n’y a pas de vrai dans tout cela. L’euphorie des années 90, puis des années 2000/2010 s’est quelque peu estompée. Les optimistes perçoivent encore les battements d’un cœur vibrant, rebelle et alternatif. Je pense qu’il reste un peu de marge : quelque chose d’indéfinissable et d’impalpable qui flotte dans l’air, une énergie diffuse qui refuse de se conformer et de rentrer dans le rang. Berlin est unique, elle ne ressemble pas aux autres capitales européennes, et ne leur ressemblera jamais.
Qu’est-ce que tu as trouvé à Berlin que tu n’as pas trouvé ailleurs ?
J’y ai découvert une culture club unique au monde, ainsi que des espaces alternatifs loin des codes étriqués, snobs, bourgeois, conventionnels et conformistes des villes aisées et chics dans lesquelles j’ai vécu auparavant : Versailles, Paris, Düsseldorf, Munich… Que ce soit en matière de modes de vie, d’offres culturelles, de diversité, de mode, de gastronomie… C’est une ville où, en tant que femme, je me suis sentie en sécurité, ce qui était loin d’être le cas en France.
J’y ai également trouvé une grande sensation d’espace, des rues larges, de nombreux et vastes parcs, des lacs, des forêts.. Le Street Art y est omniprésent. Il y a des pistes cyclables presque partout, une architecture monumentale qui rappelle le passé soviétique, le nazisme parfois… des lieux insolites, une variété de quartiers, et une population cosmopolite… c’est une ville très internationale.
As-tu une anecdote drôle qui t’est arrivée pendant une visite ? (que tu guidais ou à laquelle tu assistais)
Oui ! Une fois, alors que j’accompagnais une visite en vélo: je fermais le groupe qui circulait en file indienne, bien visible avec ma veste orange. Une participante adulte, mais très petite, peinait à suivre le rythme. Je pédalais derrière elle, et nous avons fini par perdre le groupe… La situation s’est compliquée lorsqu’elle a eu un souci technique, sa chaîne a déraillé… Nous étions perdues, et elle ne pouvait plus rouler – la galère ! Un peu plus tard, nous avons fini par retrouver le guide, qui a réussi à remettre la chaîne en place, mais ce n’est pas tout : pour tester le vélo, il l’a enfourché… Et là, c’était un spectacle à lui seul ! Avec son mètre quatre-vingt-dix, il peinait à pédaler sur ce minuscule vélo, taille enfant. La scène était tellement absurde que nous avons éclaté de rire, elle et moi. Un vrai fou rire mémorable !
As-tu des spécialités ou des centres d’intérêts particuliers ?
Comme je l’ai évoqué, j’ai notamment évolué dans la scène électronique, particulièrement effervescente dans les années 2010… qu’elle soit diurne, avec tous les open airs, Biergarten, bars en bord de Spree, ou dans les nombreux et vastes parcs… ou nocturne, dans les clubs. Depuis quelques années, je l’observe de plus loin… et j’ai une vie plus calme et posée ; je ne bois plus d’alcool depuis 4 ans. A présent, j’apprécie d’aller au musée, au cinéma, au marché aux puces, au marché « turc », me baigner au lac, faire de la randonnée, du yoga, découvrir des expositions dans les nombreuses petites galeries d’art, participer à des ateliers ou encore profiter des festivals de street food.
Fin 2023, j’ai eu l’opportunité d’aider une street artiste suédoise à peindre la rampe de parking de l’hôtel «Berlin, Berlin». Sur 100 m² de béton, nous avons réalisé une fresque symbolisant les différentes étapes de la grossesse. Par ailleurs, je suis activiste : je participe à des manifestations, co-organise des actions féministes contre les violences faites aux femmes, souvent près des grands monuments emblématiques. Berlin est riche d’un tissu associatif féministe dynamique. On y trouve de nombreuses structures et associations, des séminaires, des présentations, des clubs de réflexion et de lecture. Récemment, j’ai cofondé un groupe féministe francophone. Ensemble, nous organisons des rencontres, des débats et des cercles de parole, offrant un espace d’échange, d’entraide et de sororité.
5 musées ou attractions que tu recommanderais
Exposition Berlin Global
exposition interactive sur Berlin au Humboldt Forum
Holzmarkt
lieu alternatif et bigarré en bord de Spree, avec stands de nourriture
Urban Nation
Musée gratuit de Street Art à Nollendorfplatz
Marché turc
Maybachufer Wochenmarkt, au bord du canal tous les mardis et vendredis de 11h à 18h30
Urban Spree
Galerie d’art et sa boutique street Art sur le « RAW Gelände » à Warschauer Straße
5 restaurants que tu recommanderais
Sora
restaurant vietnamien végétarien délicieux aux prix abordables
Sage Beach Club & Sage
restaurant à Kreuzberg en bord de Spree et Beach Bar à la belle saison
Trattoria Portofino
restaurant italien à Friedrichshain (Il faut réserver, il ne désemplit pas !)
li.ke
restaurant thai végétarien et vegan qui a ouvert récemment
Iro Izakaya
2 restaurants japonais (pas de sushi), l’un des deux est spécialisé en Ramen Vegan